Protocole de reprise de musculation post acromioplastie

Elodie REPUSSEAU Masseur Kinésithérapeute (35-Vitré)
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Après acromioplastie, nous savons qu’il est difficile pour les patients de récupérer rapidement la force musculaire necessaire à une reprise d’activité professionnelle et sportive. Voyons comment Kinéo, peut nous aider à cela.

Prise en charge, d’un jeune patient, maçon, pratiquant la musculation quatre fois par semaine, ayant bénéficié d’une acromioplastie le 20 décembre 2018, souhaitant reprendre son activité professionnelle et le sport le plus rapidement possible. Ceci entraine donc un défi de gain de mobilité, de force musculaire et de stabilité, tout en lui apprenant à protéger son épaule, pour limiter les risques, après une telle intervention à un si jeune âge.

Avec Kinéo, à 2 mois et demi post opératoire, j’ai voulu tester d’une part, les déficits musculaires persistants (testing), que nous ne détaillerons pas dans cet article puisque l’article d’Ambre BENEDETTO le decrivait dans l’article de mars 2019, et d’autres part, travailler dans les secteurs articulaires necessaire au patient pour sa reprise d’activité professionnelle, puis dans un second temps de sa reprise d’activité professionnelle.

 

Phase 1 de la rééducation :

Le patient a bénéficié de méthodes de rééducation classique, à raison de 3 fois par semaine, avec une immobilisation coude au corps les 3 premières semaines. Les objectifs prioritaires étaient de récupérer les amplitudes articulaires, lutter contre l’enraidissement des articulations du complexe de l’épaule, lutter contre l’oedème et les hématomes, grâce au Gameready, et au K-Taping. Le réveil musculaire les trois premières semaines, consistait à des automobilisation à l’aide du bras sain, pour aller à la quatrième semaine au début de travail musculaire dans les trois modes de contraction en position allongée, où les contraintes de pesanteurs sont moins importantes, et sevré l’attelle progressivement.

 

Phase 2 de rééducation :

Le patient a pu récupérer l’intégralité de ses amplitudes à la fin de la période des 3 semaines, et étaient non douloureux à la fin de cette phase. Les contractions musculaires étaient possible en concentriques, statiques et excentriques, en position allongée, avec une charge de 1kg à la fin de la quatrième semaine. Les contractions ont ensuite été travaillées, en position demi assise, puis debout au cours des semaines. Parallèlement, un travail du dentelé antérieur a été mis en place pour le patient, afin de travailler la scapula, ainsi qu’un travail des fixateurs de scapula.

Le début du travail de reprogrammation neuro motrice a été débuté à la troisième semaine, avec des exercices à l’aide de ballons, de déstabilisation rythmiques à vitesse lente, en allant vers des vitesses plus rapides.

Lorsque le patient a maitrisé le travail concentrique, excentrique et statique avec une charge de 3 kilos à bout de bras, avec un positionnement d’épaule acquis sans compensations, un bon recrutement des fixateurs de scapula, et qu’il maitrisait le travail des rotateurs externes d’épaule en R1 et R2, le travail sur Kinéo a pu être débuté.

 

Phase 3 Utilisation du Kinéo :

Début du kinéo.

Le patient en guise d’échauffement réalisait : des séries d’élastiques pour le travail des rotateurs externes, puis du travail sur sangle de suspension afin de travailler à poids de corps, afin de réveiller les muscles du complexe de l’épaule tout en gérant la douleur.

Pour la première séance sur kinéo et pour terminer l’échauffement nous lui proposons trois séries, de dix répétitions de renforcement en mode PULL , mode visqueux, à 5 kgs de charge côté opéré.

Puis un bilan en mode test isocinétique est débuté, afin de mettre en évidence la différence de force encore présente côté sain, côté opéré. En effet de récentes études ont prouvé qu’un différentiel de force inférieur à 10% entre les deux côtés était necessaire pour limiter le risque de récidive de blessure. Le test est réalisé comme décrit dans l’article de Mars 2019 d’Ambre Benedetto. (en position de décubitus dorsal).

On note une différence de force entre épaule saine et opérée, sur les rotateurs internes concentriques et excentriques et les rotateurs externes concentrique et excentrique. On note une différence de 22% entre rotateurs externes excentriques épaule saine et épaule opérée. L’épaule opérée est donc plus faible que l’épaule saine. Si cette différence de force perdure dans le temps, ceci peut être à l’origine de tendinopathies ou encore de contraintes importante sur l’épaule.

Par ailleurs, le patient nous décrit que dans son activité professionnelle de maçon, il est important pour lui de récupérer de la force de traction, afin de pouvoir porter ses seaux, monter ses échafaudages.

Nous le mettons en garde et nous lui expliquons en position de pompe, le principe des épaules en « U » et des épaules en « W ». En effet en « W » , le patient a un  fort risque de lésions du labrum et du bourrelet glénoïdien si la contrainte est répétée.

Respect du « U », le patient ne vient pas en appui sur le bourreler glénoïdien

Il va donc être intéressant d’utiliser Kinéo, pour aider le patient, dans son dernier mois de rééducation avant sa reprise d’activité professionnelle et sa reprise de musculation en salle.

 

Phase 4 Exercices de renforcement avec le Kinéo :

Nous pourrions décrire, beaucoup d’exercices, cependant nous nous limiterons à décrire les exercices permettant de travailler le déficit des rotateurs externes, véritable enjeu du travail de la rééducation d’épaule, ainsi que deux exercices proches de l’activité professionnelle de ce patient.

Début de Travail sur Kinéo en Pull en mode visqueux, pour le travail des rotateurs externes en R1, pour ne pas être trop contraignant au début, 5 kgs en concentrique,  8 kg en excentrique en série de 10 répétitions, sur 3 blocs, avec 60 secondes de récupération entre deux blocs. La viscosité est augmentée entre chaque bloc, dans le limite de la non douleur. Nous mettons un petit morceau de tissus entre le bras et le tronc du patient afin que les compensations soient évitées, et lui demandons d’être vigilant sur le verrouillage lombaire.

Puis nous travaillons les rotateurs externes en position de décubitus dorsal, avec une charge de 6 kilos en concentrique et 8 kilos en excentriques en faisant varier progressivement la viscosité, et  en limitant les contraintes trop importantes.

Afin de travailler le geste de soulevé des seaux, nous réglons le kinéo en mode SQUAT, en y fixant  la poignée. Il est ainsi possible de simuler le mouvement de soulevé, en apprenant au patient le bon positionnement d’épaule. cet exercice, permet au patient de se rapprocher de son activité professionnel et de se rapprocher de charges, proches de celles soulevées dans sa journée, avec une approche progressive, grâce à la viscosité de l’appareil.

     

Enfin, nous lui proposons un travail de traction, en position de flexion d’épaule, puisque le patient, nous explique avoir ce type de besoin pour son activité professionnelle. Nous profiterons de cet exercice pour travailler le contrôle de l’épaule en « U » cité précédemment. Nous réglons l’appareil en mode PULL, mode visqueux, viscosité 1, travail en concentrique à 8 Kilos, retour en isotonique à 10 kilos, avec contrôle du patient pour ne pas partir en « W ». Nous demandons au patient 3 séries de 10 répétitions avec une pause de 60 secondes entre deux séries.

          

 

Phase 5 L’Heure du test final :

 

Après 4 semaines de travail sur Kinéo, le patient a pu reprendre son activité professionnelle.

Le test isocinétique de fin de prise en charge nous indique désormais un différentiel de 12% côté droit comparativement au côté gauche.

Le patient, nous décrit le kinéo, comme un véritable outil de prise en charge, qui lui a permis, couplé aux autres méthodes de rééducation, de récupérer de la force, de façon optimale et progressive, en respectant la règle de non douleur. Il a par ailleurs, apprécié le feedback visuel, lui permettant de valoriser ses progrès, mais également de prendre conscience de son corps et de la qualité des mouvements recherchés.


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