Traitement des épicondylalgies latérales par ondes de chocs radiales

Thierry ALLAIRE MKDE Le Havre
Kinésithérapeute du Sport
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ANATOMIE FONCTIONNELLE

  • Introduction
    • Les épicondylalgies latérales du coude constituent un motif de consultation fréquent en rééducation fonctionnelle. Elles sont fréquentes chez le sportif (tennis, squash, badminton, bowling, etc..) mais peuvent être également provoquées par certaines activités professionnelles manuelles, ou par une activité ménagère d’intensité inhabituelle.
    • Globalement, une proportion équivalente d’hommes et de femmes est concernée par cette pathologie.
    • Il y a 20 ans, seules les épicondylalgies chroniques pouvaient bénéficier du traitement par Ondes de Choc Radiales (Radial Pressure Wave : R-PW) après échec des autres traitements médicaux et kinésithérapique (MTP, mésothérapie, infiltrations, immobilisations…). Le pourcentage de bons et très bons résultats était faible (30 à 35%).
    • Depuis que nous utilisons les ondes de choc radiales en association avec des étirements et un travail excentrique, les résultats sont nettement plus encourageants (70 à 75% de bon et très bon résultats).

 

  • Rappels anatomiques : ( 1a ; 1b)
    • Les épicondyliens latéraux s’insèrent par un tendon commun sur la face postérieure de l’épicondyle latérale de l’humérus.
    • La partie superficielle de ce tendon est constituée d’avant en arrière par : le court extenseur radial du carpe, l’extenseur des doigts, l’extenseur propre 5, l’extenseur ulnaire du carpe.
    • La partie profonde de ce tendon est constituée par le muscle supinateur.
    • L’anconé s’insère isolément sur la partie postérieure de l’épicondyle.
    • L’innervation est assurée par le nerf radial.

                 

 

Fig. 1a ; 1b : Anatomie des épicondyliens latéraux

PHYSIOPATHOLOGIE

  • Anamnèse :
    • Les excès de contraintes mécaniques demeurent la cause principale des tendinopathies. Cependant, de multiples facteurs intrinsèques (âge, …) et extrinsèques (matériel inadapté, défaut d’entrainement, …) coexistent.
  • Il faut distinguer l’ « épicondylalgie aiguë » (épicondylite) et l’« épicondylalgie rebelle » (épicondylose) :
  • L’« épicondylalgie aiguë » est une tendinopathie réactionnelle consécutive à des contraintes ponctuelles au-dessus des capacités du tendon (en effort, en durée…). Il s’agit d’une hyper-réactivité tendineuse.
  • Traitement :
  1. Hyper-réactivité tendineuse → antalgique – « anti-inflammatoire »
  2. A distance de la crise : amélioration de la capacité résistive

(R-PW – excentrique – étirements)

  • L’« épicondylalgie rebelle » ou « épicondylose » est la conséquence d’une rupture progressive des attaches (collagène) musculo-tendineuse. Dans ce cas présent, il s’agit d’une tendinose (pas d’inflammation) et on observe une discordance « traction musculaire/insertion ».
    • Traitement :
  1. Hypo-réactivité tendineuse → « traitement inflammatoire » ODCR
  2. Concomitant à l’irritation : amélioration de la capacité résistive

(R-PW – excentrique –étirements)

  • Examen clinique :
    • Interrogatoire :
      • Recherche d’éventuels facteurs favorisants
      • Microtraumatismes, hyper-sollicitation (sport, bricolage)
      • Matériel inadapté (raquette, souris d’ordinateur)
      • Gestes sportifs ou professionnels inhabituels (lift au tennis, déménagement, manutention…)
      • Modification ou augmentation brutale de l’entrainement
      • Déficit neurologique sous-jacent compensé au niveau du coude
      • Age+++
      • Causes iatrogènes
      • Défauts d’hydratation, foyers infectieux dentaires ou ORL
  • Clinique :
    • Douleur à la palpation de l’insertion et/ou du tendon commun des épicondyliens latéraux
    • Douleur à la mise en tension des épicondyliens
  1. D’une part : varus forcé, coude fléchi à 20°
  2. D’autre part : coude en extension, flexion passive en inclinaison cubitale
  • Douleur à contractions résistées
  1. Extension du poignet
  2. Extension des doigts, inter phalangiennes proximales fléchies
  • L’examen clinique pourra être, le cas échéant, complété par des examens complémentaires qui élimineront les diagnostics différentiels (syndrome du tunnel radial, radiculalgie C7, arthropathies huméro-radiales…)

 

TRAITEMENT ONDES DE CHOC RADIALES

  • Les ondes de choc radiales ont largement amélioré les possibilités thérapeutiques et permis une reprise des activités professionnelles, loisirs et sportives plus rapide et dans de meilleures conditions.
  • Le traitement par R-PW comprend en général 5 à 6 séances espacées de 6 à 7 jours.
  • Application des R-PW sur une épicondylalgie latérale :
  • Patient assis sur une chaise, avant-bras reposant sur le bord de la table
  • Repérage manuel des épicondyliens latéraux (Fig. 2)
  • Mise en tension des épicondyliens, main pendante en bord de la table. (Fig. 2)
  • Le patient maintient la position avec son autre main
  • Protocole d’application des Ondes de Choc Radiales avec le RPW Lite (Fig. 3)
    • Transducteurs utilisés :
      • R040 (avec gel)
      • Deep Impact 15 mm
    • Appliquer les R-PW perpendiculairement au tendon
    • Niveau d’énergie du R-PW Lite : 1-2 -ou 3 en fonction de la douleur
    • 1800 à 2500 chocs
    • Intervalle entre 2 séances : 5 à 8 jours
    • Nombre de séances : 5 à 6
  • Compléter si besoin par une application de R-PW sur les muscles épicondyliens dans leur ensemble avec le transducteur D20 S (Fig. 4)

ATTENTION : ne pas appliquer les R-PW directement sur l’épicondyle (douleur

Fig. 2 : Repérage palpatoire + position de mise en tension des épicondyliens

Fig. 3 : Application de R-PW sur le tendon des épicondyliens (Deep Impact 15 mm)

Fig. 4 : Application de R-PW « smoothing » (D-Actor) sur les muscles épicondyliens

 

TRAITEMENTS COMPLEMENTAIRES

  • Les ondes de choc radiales peuvent être utilisées soit seules, et/ou en complément d’autres techniques rééducatives.
  • Le traitement actuellement proposé dans les épicondylites est essentiellement actif.

Il comprend de la thérapie manuelle, des R-PW, des étirements, du travail excentrique et un réentrainement à l’effort.

  • Avant les R-PW :
    • Normalisations articulaires (rachis cervical, épaules, coudes, tête radiale, poignet).
    • Etirements adaptés (actifs, actifs-aidés, passifs)
    • Travail excentrique des extenseurs du poignet, des pronateurs
  • Après les R-PW :
    • Massages décontracturants des Ischio-jambiers et des fessiers.
    • Electrothérapie (courants de capillarisation).
    • En alternance :
      • Massage transverse profond (MTP), crochetage, point périosté.
  • Il peut être également nécessaire de se rapprocher des professionnels concernés pour ce qui est du choix de matériel professionnel (souris d’ordinateur…) ou sportif (raquette de tennis etc.…).

 

BIBLIOGRAPHIE

  1. Spacca and coll Radial Shock Wave Thérapy for lateral epicondylitis : a prospective randomised controlled single-blind study 2005 Eur Med Phys ; 41 : 17-25
  2. Pettrone FA, McCall BR. Extracorporeal shock wave therapy without local anesthesia for chronic lateral epicondylitis – 2005 – J Bone Joint Surg Am.  Jun; 87(6): 1297-304.
  3. Rompe JD, Maffulli N : Repetitive shock wave therapy for lateral elbow tendinopathy (tennis elbow): a systematic and qualitative analysis –  2007 – Br Med Bull; 83: 355-78
  4. Serre : étude prospective d’une série de 322 cas traitée par ondes de choc radiales et auto -rééducation 2012 Kinesithétrapie Scientifique n°528

 

 


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