Tendinopathies de la coiffe des rotateurs

Thierry ALLAIRE

Masseur-kinésithérapeute du sport

Introduction

Les tendinopathies de la coiffe des rotateurs sont des affections fréquentes que nous sommes amenés à traiter régulièrement dans notre pratique quotidienne.

Nous distinguons 3 types de tendinopathies :

  • les tendinopathies, conséquences d’une hyperactivité tendineuse (sportifs, travailleurs de force). Elles intéressent le supra-épineux, l’infra-épineux, le longbiceps.
  • Les tendinopathies de la personne de 50-60 ans en rapport avec le vieillissement du collagène.
  • Les tendinopathies calcifiantes (autrefois dénommées péri-arthrite scapulo-humérale), d’étiologie inconnue, touchant la plupart du temps le tendon du supra-épineux.

Un examen clinique minutieux, complété par un bilan radiographique et/ou échographique permet d’établir un diagnostic précis de la lésion et de mettre en évidence la présence ou non de calcifications. Le traitement est avant tout médical et rééducatif. Les ondes de choc radiales apporte de façon indispensable, une arme de plus dans l’arsenal thérapeutique face aux tendinopathies de la coiffe.

Rappels anatomiques

La coiffe des rotateurs est composée de 4 tendons des muscles d’insertion humérale(sous-scapulaire, supra-épineux, infra-épineux, petit rond) auxquels on associe communément la portion intra articulaire du long biceps. La fonction de ces muscles est la suivante :

  • Sous-scapulaire : rotateur interne du bras
  • Supra-épineux : rotateur externe et élévateur antérieur du bras
  • Infra-épineux : rotateur externe du bras
  • Petit rond : rotateur externe du bras

Fig 1. Anatomie des muscles et tendons de la coiffe des rotateurs

Cette coiffe « tendineuse » maintient en place la tête humérale (essentiellement le supra-épineux) et assure la stabilité de l’articulation de l’épaule. Elle mesure en moyenne 6 à 7mm d’épaisseur. Les tendons qui la constituent sont richement vascularisés. Dans toute sa moitié supérieure, la capsule articulaire se confond avec la coiffe tendineuse.

Anamnèse

Les tendinopathies de la coiffe des rotateurs, conséquence d’une hyperactivité tendineuse (overuse), sont l’apanage des sportifs pratiquant des sports de lancers(tennis, volley -ball, handball…), mais également des travailleurs de force. Les tendons concernés sont : le supra-épineux, l’infra-épineux, le long biceps. Les tendons sont le siège de lésions micro et macroscopiques (amincissement, pertes de fibres collagéniques, dégénérescence mucoïde etc…). Ces éléments traduisent une incapacité du tendon à répondre aux contraintes au-delà d’un certain seuil.

Chez le jeune sportif les sollicitations excentriques lors de phases frénatrices (armer, lancer), favorisé par des facteurs vasculaires ou métaboliques, engendreraient des tendinopathies. Au-delà de 40 ans les tendinopathies dégénératives pourraient être dues à l’âge ou/et à une réponse cicatricielle insuffisante aux microtraumatismes.

Les tendinopathies classifiantes intéressent le plus souvent le tendon du supra-épineux.Cette affection touche principalement la femme et les professions sédentaires semblent plus exposées. Leur étiologie est encore inconnue. Pour certains auteurs, les calcifications seraient essentiellement liées à des troubles métaboliques :déshydratation, mauvaise élimination des déchets métaboliques, hypoferritinémie… Il en existerait de plusieurs types.

Fig 2. Radiographie – calcification

Examen Clinique

L’examen de l’épaule comprend un interrogatoire qui précise le siège, l’intensité, ainsi que les circonstances d’apparitions des douleurs. Un bilan palpatoire, une évaluation des amplitudes articulaires, un testing des muscles concernés ainsi des tests de conflits complètent l’examen de l’épaule.

Moins d’une personne sur deux présentant une calcification de la coiffe des rotateurs visibles radiologiquement possède une épaule asymptomatique. Cette symptomatologie peut être corrélée partiellement au stade évolutif de la maladie.

Douleur chronique de la phase de calcification :

  • Douleur d’intensité variable ne limitant pas les mouvements du bras
  • Située en avant de la tête humérale, cette douleur peut irradier vers le V deltoïdien, le bras, le rachis cervical.
  • Recrudescence nocturne.
  • Présence d’un arc douloureux entre 70° et 110° d’abduction.

Douleur hyperalgique :

  • Probable migration d’une calcification

Douleur aigüe de la phase de résorption :

  • Importante impotence fonctionnelle.
  • Mobilisation active ou passive difficile voire impossible

Douleur chronique de la phase de réparation :

  • Douleur chronique peu intense et peu invalidante qui précède la réorganisation de la cicatrice fibreuse du tendon

Aspect radiographique :

  • Les calcifications du supra-épineux sont visibles en rotation externe et neutre, celle de l’infra-épineux en rotation interne
  • Les calcifications du sous scapulaires sont plus rare

  • L’IRM peut méconnaitre ces calcifications

Traitement Ondes de Choc

Les ondes de choc radiales ont largement amélioré les possibilités thérapeutiques avec une diminution de la douleur et une nette amélioration fonctionnelle dans 70% à 80%selon les études et une modification des calcifications (diminution ou disparition) dans1/3 des cas. Le traitement par ODCR comprend en général 5 à 6 séances espacées de 5à 7 jours. Il est indispensable d’adapter le protocole en fonction du seuil de tolérance à la douleur.

Tendinopathie d’insertion du supra-épineux avec ou sans calcification : Position de dégagement du supra-épineux (Fig.3a ; 3b) : bras dans le dos, épaule en rotation interne.Recherche palpatoire de l’insertion du supra-épineux. (Fig.3c) Application d’ODCR (Fig. 3d): fréquence 9 à 10 Hz ; pression 2,2 à 2,4 bars ; 2000 chocs. En cas de douleur, il peut être utile de commencer le traitement avec une fréquence plus rapide (12 Hz), ou une pression plus faible pendant 500 premiers chocs.

Tendinopathie de l’infra-épineux : Ces tendinopathies sont fréquentes chez les sportifs pratiquant des sports de lancer (handball, baseball etc…). Elles sont la conséquence de l’action frénatrice des rotateurs externes lors des shoots. L’efficacité du traitement dépendra en grande partie de la position de dégagement de l’infra-épineux et de sa mise en tension. Position de dégagement de l’infra-épineux (Fig. 4a) : épaule en adduction horizontale – rotation externe, main opposée maintenant le bras à traiter. Recherche palpatoire de l’infra-épineux. (Fig. 4b) Application d’ODCR (Fig. 4c) : fréquence 9 à 10 Hz ;pression 2,2 à 2,4 bars ; 2000 chocs.

La fonctionnalité « rampe » de notre appareil permet une augmentation automatique et progressive de la puissance exercée améliorant ainsi le confort du patient.

Dans la majorité des cas le patient se plaint d’un point douloureux situé entre les omoplates. Cette contracture reflexe des fixateurs des omoplates, consécutive à un dysfonctionnement scapulo-thoracique, peut être facilement traitée par infrasons.

V –ACTOR : V 40 (Fig.5a)

Massage décontracturant par infrasons au niveau des fixateurs des omoplatesApplication d’infrasons sur fixateurs des omoplates (Fig. 5b): 30 à 35 Hz ; 2 à 3 bars; 2000 chocs.

Traitements complémentaires

Les ODCR peuvent être utilisées soit seules et/ou en complément d’autres techniques rééducatives.

AVANT

  • Normalisations articulaires (épaules, rachis, cervical)
  • Mobilisation de tout le complexe de l’épaule
  • Renforcement musculaire des rotateurs, des fixateurs des omoplates…
  • Lever de tensions
  • Etc.

APRES

  • Massages décontracturants du rachis cervico-dorsal et du complexe de l’épaule
  • Electrothérapie (courants de capillarisation)