Prise en charge thérapeutique pour les PTH (Prothèses Totales de Hanche)

Frédéric DUBAYLE

Masseur Kinésithérapeute

Ostéopathe 

 

La Kinésithérapie connaît un développement accéléré de nouvelles technologies, à visée préventive, diagnostique et thérapeutique, qui conduisent les décideurs de santé et les praticiens à faire des choix et à établir des stratégies, en fonction de critères de sécurité, d’efficacité et d’utilité.  La stratégie appliquée à L’implantation de prothèses totales de hanche (PTH) intervention fréquente ; elle représenterait environ 100 000 actes par an en France consiste dés les premiers jour post opératoires à donner la priorité à une rééducation en verticalité.

  • rôle antigravitaire et d’appui pour la stabilité et la solidité de la posture ;
  • une tâche plus subtile, intermédiaire entre posturale et dynamique, dans le redressement et le déroulement du corps en verticalité, avec la pression active des pieds au sol en repousser induisant, par le réflexe tonique postural, un allongement de la colonne vertébrale et la soutenant dans son auto grandissement .
  • la mission dynamique de la locomotion, de la mobilité dans l’espace.

De la table horizontale (phase1) à la table verticale (Phase 2)

Phase 1 : Travail sur table, stimulation tissulaire par mécano-transduction conjonctive et mécano-biologie cellulaire  (technologie ROBODERM icoone)

OBJECTIFS :

– Antalgique.
– Drainage.
– Cicatriciel.
– Levé de tension.
– Sensibilisation propriocepteurs cutanés/péri-articulaires .

Phase 2 : Travail en verticalité posturale sur plate forme de mobilisation motorisée( Technologie  Thérapie Elisphérique imoove)

Objectif :

– Observation  en verticalité, postures et mouvements imparfaits inconscients (praticien)
– Observation et perception ,postures et mouvements conscients (praticien/patient)
– Apprentissage postures et gestes efficaces et performants conscients(praticien/patient)
– Répétition  postures et gestes efficaces et performants inconscients ,intégration schéma moteur (patient). 

Rééducation biomécanique et posturale 

Bilan : 

Sur Plateforme Motorisée imoove : Perception de la verticale en rééducation de la hanche dés les premiers jours post- opératoire(suite chirurgie ambulatoire)

Le sens de la verticalité correspond, dans un champ normal de gravité, à l’aptitude du patient à s’orienter par rapport à la verticale, confronter sa situation au milieu ambiant, dépister ses oscillations posturales.

Pratique :

Le maintien de l’équilibre orthostatique est une activité primordiale pour l’autonomie d’une personne. Pour réguler la stabilisation de la posture, quatre mécanismes de contrôle interagissent.

  • (1) Les rétroactions instantanées dues aux propriétés mécaniques des muscles et des articulations, qui sont modulées par le niveau spinal.
  • (2) les activations musculaires en rétroaction par la détection grâce aux capteurs périphériques des oscillations du corps voire d’un état de déséquilibre.
  • (3) l’activation anticipatoire des muscles, ajustée sur un modèle interne.
  • (4) l’intervention cognitive des centres supérieurs.

Importance des mécanorécepteurs plantaires par rapport aux différents mouvements imposés de la plate forme motorisée Imoove : fonctions générales et informations du fait de son rôle d’interface homme/planète ou corps/environnement, le pied est considéré comme un organe sensoriel ’’primaire’’ de l’équilibration. A lui seul, il abrite 80% des récepteurs de tout le membre inférieur. Il a une représentation importante sur le cortex somesthésique primaire, et sa proprioception est 4 fois plus élevée que celle de la jambe.

 Mouvement Antéro-Posterieur(flexion /extension)

 Mouvement Circulaire (complexité cinesiologique des  surfaces articulaires)

 Mouvement Latéro/Latéral (Appui et transfert d’appui /simulation de marche)

Aux mouvements sont associées des phases de travail selon des variations d’amplitude ,de vitesse de rotation ,de sens et des programmes  aléatoires .

 Le pied est donc un pourvoyeur d’informations somesthésiques aussi indispensables que variées:  mécanique, thermique, chimique, métabolique ou douloureuses, situées dans les structures cutanées, musculosquelettique ,tendineuses ou capsulo-ligamentaires, et qui vont permettre de gérer la station érigée verticale, orthostatique propre à l’homme.

 Le système somato‐sensoriel

La somesthésie désigne étymologiquement les sensations (aisthêsis) du corps (sôma) c’est-à-dire l’ensemble des perceptions conscientes éveillées par la stimulation des tissus (cutanés, musculaires, tendineux ou articulaires) ainsi que les sensations thermiques et nociceptives. Ces perceptions peuvent être classées en deux modalités particulièrement impliquées dans le contrôle postural:

 la proprioception :issue de l’appareil musculo-ostéo-tendineux et la sensibilité tactile. Des récepteurs variés rendent compte de l’état et des changements de longueur des muscles , et en complémentarité,

les propriocepteurs : informent les centres nerveux supérieurs de la position du corps et des membres dans l’espace (statesthésie), de la position et du mouvement relatifs des segments corporels les uns par rapport aux autres et de la force.

.Schéma corporel et Modèle interne

Le maintien de l’équilibre nécessite de la part des centres sensibles  l’élaboration d’un modèle interne de configuration du corps et de son orientation dans l’espace appelé « schéma corporel »  ou « modèle postural de soi »  Cette représentation du corps serait stable, pour partie déterminée génétiquement et pour partie acquise par apprentissage (IMOOVE°), construite sur la base des expériences motrices actives  et détermine les relations qu’entretiennent le corps et l’espace.  C’est elle qui permet la flexibilité du contrôle postural et finalement, pour une tâche définie et dans un contexte donné, au mouvement d’atteindre son but de façon coordonnée.

Conclusion

 La rééducation kinésithérapique peut adopter différentes formes en fonction des pathologies et de leurs conséquences sur le patient, aussi bien au niveau de sa structure que de sa fonction corporelle. Mais il se dégage deux points fondamentaux, qui seront intriqués tout au long du processus de rééducation :

  • le retour à l’équilibre de l’ensemble des tissus lésés.
  • le retour à la fonction des structures mises en défaut.

Dans ce contexte, la prise en charge de la gestuelle du patient demeure un point important dans une optique de prévention et de traitement. La prise en compte des éléments biomécaniques et l’ensemble des structures conjonctives qui régissent notre structure corporelle doit être intégrée dans le processus de rééducation et en devenir un support important.