Prise en charge post LCA : L'intérêt de la réathlétisation confirmé scientifiquement

Florent Franck, MD, Adnan Saithna, MD, Thais Dutra Vieira, MD, Charles Pioger, MD, Gregory Vigne, PhD, Meven Le Guen, Isabelle Rogowski, PhD, Jean-Marie Fayard, MD, Mathieu Thaunat, MD, Bertrand Sonnery-Cottet, MD

Accroche : 

Après la validation du test K-STARTS en 2018 comme étant une mesure objective pour évaluer les capacités psychologiques et fonctionnelles de retour au sport après chirurgie du LCA, une nouvelle étude vient d’être validée scientifiquement dans la revue américaine SPORTS HEALTH.  

Cette étude rétrospective a été menée sur 676 patients pour identifier les facteurs influençant le score K-STARTS 6 mois après reconstruction du LCA. Elle met en évidence que le suivi d’un programme spécifique de réathlétisation est le seul facteur influençant de manière mesurable et significative le score obtenu au test K-STARTS. 

Contexte : 

Le retour au sport (RTS) au niveau « avant blessure » est le principal objectif après la reconstruction du ligament croisé antérieur (ACL), mais les facteurs affectant le RTS ne sont pas complètement connus.  

Le test K-STARTS (Knee Santy Athletic Return) est un test composite conçu pour évaluer l’état de préparation pour le retour au sport après la reconstruction du LCA. 

Objectif : 

Déterminer les facteurs clés qui influent sur les scores du test K-STARTS dans une vaste cohorte de patients après la reconstruction du LCA. 

Méthodes : 

Une analyse rétrospective des données recueillies prospectivement a été entreprise. Tous les patients qui ont subi une chirurgie de reconstruction du LCA entre mars 2016 et mai 2017 et qui ont également subi une évaluation K-STARTS 6 mois après l’opération ont été inclus. Pour déterminer les facteurs influant sur le score K-STARTS, une analyse de la variance a été effectuée. On a analysé l’âge, le sexe, le niveau sportif, le délai entre la blessure et l’intervention chirurgicale, les lésions concomitantes, le type de greffe, la ténodesse latérale supplémentaire et la participation à un programme de réathletisation afin de déterminer les facteurs influant sur le score K-STARTS. 

Résultats : 

Au total, 676 patients ont été inclus dans l’étude. Le score K-STARTS était significativement plus élevé chez les patients de sexe masculin que chez les patientes (13,9 c. 12,4; P 0,001), chez les patients plus jeunes (ceux âgés de 30 ans par rapport aux patients plus âgés; 14,2 c. 12; P 0,001), pour les reconstructions du LCA effectuées avec des autogreffes du tendon ischio-jambier comparés à un tendon-os os rotulien (13,5 c. 13,1; P = 0,03) et chez ceux qui ont suivi un programme de réathlétisation spécifique en plus de la rééducation normale, comparativement à ceux qui n’ont pas participé à un programme de réathlétisation (17,1 contre 13,1; P 0,001). 

Toutefois, le seul facteur qui a influé de façon importante sur le score de K-STARTS au-delà du seuil minimal de changement détectable a été le suivi d’un programme de réathlétisation supplémentaire. La fréquence d’activité sportive avant la blessure, la question de savoir si le membre dominant a été blessé, le temps écoulé entre la blessure et l’intervention chirurgicale, la présence de lésions méningées associées et la question de savoir si une ténodesse latérale a été pratiquée n’ont pas influé de façon significative sur le score K-STARTS. 

Conclusion : 

Le suivi d’un programme de réathlétisation spécifique, en plus de la rééducation standard, a été le facteur le plus influant sur la note du test fonctionnel et psychologique composite K-STARTS à 6 mois après la reconstruction du LCA. 

Pertinence clinique : 

Cette étude montre que le suivi d’un programme de réathlétisation spécifique affecte positivement le score du test K-STARTS ,6 mois après la reconstruction du LCA. 

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