Prise en charge du syndrome douloureux rotulien chez le basketteur professionnel

Gregory Vigne

Docteur en Sciences du Sport
Préparateur Physique

Introduction

Le syndrome douloureux rotulien (ou syndrome fémoro-patellaire) est responsable à lui seul de plus de 25% de la pathologie du genou du sportif. En basketball, les blessures du membre inférieur représentent 56% de la pathologie traumatique, le genou étant la deuxième articulation la plus touchée après la cheville. Comme dans la plupart des activités mettant en jeu la répétition de sauts – et par conséquent de réceptions- ainsi que la répétition de changements de direction à vitesses élevées associés à des freinages et des blocages, l’articulation du genou est soumise à de nombreuses contraintes.

Le cas pratique évoqué dans cet article concerne Steed TCHICAMBOUD, basketteur professionnel et international français, évoluant en Pro B au moment de sa venue chez ATHLETIC.  Il présentait un syndrome douloureux rotulien sur chondropathie rotulienne avec antécédent de ligamentoplastie antérieure par Kenneth Jones sur le genou symptomatique.

Exemple d’exercice protocole SDR

Son environnement médical évoquait la possibilité d’un arrêt de carrière si les douleurs persistaient. Les douleurs étaient alors récurrentes et intenses avec une forte inhibition de son quadriceps sur certaines angulations en flexion. A son arrivée chez ATHLETIC, la supervision médicale a préconisé la réalisation de 13 séances de réathlétisation d’une durée de 1h30 encadrées par un préparateur physique spécialisé pendant 3 semaines consécutives auxquelles se sont ajoutées 9 séances de renforcement musculaire isocinétique infra-douloureux concentrique et excentrique du quadriceps du côté symptomatique et un protocole de visco-supplémentation en 3 injections.

L’objectif principal du protocole était d’effectuer un travail de renforcement spécifique du quadriceps (en privilégiant le renforcement du vaste interne) sans oublier d’effectuer un travail des ischio-jambiers afin de maintenir l’équilibre de la balance agoniste/antagoniste.

La première étape du protocole visait à restaurer les qualités excentriques du quadriceps (en veillant toujours à rester sous le seuil douloureux) afin d’améliorer sa capacité amortissante pour soulager les contraintes rotuliennes. Ce travail était associé à une correction de la posture dynamique sur plan stable puis sur plan instable, la mise en jeu des stabilisateurs de hanche étant essentielle dans cette première étape pour corriger les mouvements pouvant parasiter le geste sportif. Afin d’optimiser le gain de force, un travail de stimulation des fibres rapides sur step et échelle de rythme a été mis en place. Ce dernier permettait également de conserver des sollicitations cardiovasculaires en adéquation avec le niveau sportif de l’athlète.

La deuxième étape était principalement orientée sur le gain de force excentrique et concentrique. Durant cette étape, le respect de la règle de non-douleur n’était plus toujours de mise afin de basculer progressivement sur du travail de pliométrie horizontale puis verticale. L’intensité des exercices ainsi que leur complexité a augmenté au fur et à mesure de la seconde semaine ainsi que durant le début de la troisième. Sur la troisième semaine, le travail se rapprochait des contraintes spécifiques de la pratique du basketball.

Exemple d’exercice protocole SDR

A l’issue des trois semaines de travail, les résultats obtenus ont permis à Steed TCHICAMBOUD de reprendre l’entraînement collectif. Cette reprise a bien évidemment été adaptée et progressive en association avec la réalisation avant chaque entraînement d’une routine d’échauffement adaptée à sa pathologie. La reprise avec le groupe a été effectuée en fonction des délais préconisés par la supervision médicale et des recommandations fournies par notre préparateur physique, en relation avec le staff médical et technique du club, pour un retour optimal à l’entraînement puis à la compétition