Ondes de Choc et approche pratique dans le cadre d’un traitement d’une aponévrosite

François Xavier FEREY

Masseur Kinésithérapeute

En préambule, il faut (re) préciser que l’aponévrose plantaire fait partie intégrante du système S.A.C.P (Suro-Achiléo-CalcanéoPlantaire). Ce S.A.C.P est lui-même un maillon d’une « chaîne musculaire ».

De ce fait, la prise en charge de cette aponévropathie plantaire (fasciite plantaire, Epine de Lenoir, entésopathie, lésion,….) ne devra pas se résumer à un traitement local, il faut en effet prendre en compte cette dimension qui va amener le praticien à élargir à la fois la zone de traitement par O.D.C (radiales ou focales) et son plan de traitement par une approche intégrant le patient dans sa globalité.

La prise en charge MK se déroulera en plusieurs étapes et s’occupera de plusieurs facteurs (technopathie, hygiène de vie, qualité musculaire, posture,…).

Enfin le diagnostic médical suivi du diagnostic masso-kinésithérapique (M.K) va s’intéresser à l’étiologie de la douleur, à la population touchée, aux causes, aux facteurs de risques morphologiques comme par exemple les pieds plats-creux,…

Le regard du podologue du sport est aussi un élément à prendre en compte, il pourra apporter sa réflexion depuis son bilan et proposer éventuellement  aussi un « traitement » complémentaire.

Ces deux diagnostics cliniques vont conditionner le bon choix thérapeutique en éliminant notamment les diagnostics différentiels que sont  par exemple : douleur projetée (référée), fracture (stress ?) du calcanéum des os du pied, tendinopathie d’insertion du tendon d’Achille, la maladie de Sever (ostéochondrose), une bursite, la « talonnade », la talalgie en couronne, un syndrome nerveux, une pelvi spondylite,…

Cette recherche du diagnostic nécessite, pour une prise en charge M.K par O.D.C, qu’une imagerie adaptée soit (devrait être) réalisée.

Parmi les stratégies possibles, les O.D.C, validées par de nombreuses études démontrant l’ecacité notamment dans le cas d’aponévropathie, vont être un choix de 1 ère intention. Elles s’appuieront sur les protocoles existants validés accessibles sur l’appareil «Master» et téléchargeables sur le site d’EMS.

Dans les études qui font références, la méthodologie impose un protocole dit « fixe sur point pathologique» identique tout au long du traitement.

En pratique dite de terrain, l’évolution des mentalités du monde de la santé sur de la prise en charge de la douleur, le rapport à la douleur qu’a le patient (pusillanime, résistant,…), les bons résultats obtenus (certes non validés) nous amènent à moduler ce traitement dit «fixe».

Dans tous les cas, la première séance doit obligatoirement comporter un temps (conséquent) de pédagogie comprenant un échange, une explication sur cette approche, ainsi que le cheminement tout au long de ce traitement [le nombre de séances, les phases-critères d’efficacités (diminution de la douleur, phases de cicatrisation, période de re sollicitations,…), les conseils de vie, les éventuels effets secondaires,…]

Ce temps d’échange va conditionner l’acceptation et l’implication du patient tant sur la partie O.D.C que pour la suite M.K. La nalité est la reprise de l’activité sans gêne sans douleur !

En effet les O.D.C vont agir sur le symptôme, la conséquence le tissu mais pas sur la causalité comme par exemple la technopathie, la charge d’entrainement, la charge de sollicitation (contraintes physiques), l’hygiène de vie, ce qui justie de la part du professionnel une prise en charge au sens large du cas.

La première séance, au-delà du temps explicatif, sera consacrée à la découverte. Son déroulement tiendra compte du public initié ou non, du bilan.

Il en découle qu’on pourra procéder de la façon suivante :

  • Traiter, tout d’abord, à distance de la zone pathologique (point exquis de la douleur  ?!) tout en se rapprochant de cette dernière, puis s’y attarder selon le contexte.
  • Choisir, au départ, une fréquence supérieure aux valeurs préconisées (cf protocoles intégrés dans l’appareil et les applications à télécharger) sur le principe du « TENS Gâte Control »; sur le même principe choisir aussi une moindre pression. Ces deux paramètres pourront évoluer dans cette même séance.

Dans tous les cas, le praticien fera un bilan sur l’ensemble du S.A.C.P an de déterminer les différents axes de traitements (aponévrose plantaire, musculaire intra et extra, fascia, « T.P », fascias,…)

Cette démarche, selon les objectifs ainsi que la zone à traiter, amènera le praticien à opter pour les deux principaux applicateurs 15 mn et 36 mn (voire trois : 15mn Trigger points).

Le traitement ciblera la zone (point) correspondante, les fascias du S.A.C.P, les « Trigger Points : T.P » encore dénommés « syndromes de douleurs myofasciales » ou « points gâchettes », les muscles intra et extrinsèques du pied. D’une séance à l’autre le zonage et l’approche évolue.

Rappel : le praticien à toute liberté, il peut par conséquent appliquer le protocole «point xe avec les paramètres invariables» validé par les études. Cette approche peut s’appliquer dès la première séance et/ou la mettre en place lors de la seconde.

En pratique :  Le choix de la position, à la fois du praticien et du patient, conditionne la facilité et l’efficacité du traitement, de l’approche dite globale du S.A.C.P.

Deux options possibles, l’une en décubitus le pied en débord de table, une sangle sur l’avant-pied an de mettre en tension (avec flexion dorsale de la talo-crurale) tout le système (autre paramètre qui diffère des études).

La seconde, personnellement que je préfère, consiste à positionner le patient en procubitus le pied toujours mis en tension et en débord de table ce qui me permet d’aborder toute le système S.A.C.P sans être obligé de réaliser des changements de positions dans la séance.

La pièce à main (P.A.M) utilisée est l’EVO BLUE  pour son confort son ecacité. En s’appuyant sur le diagnostic MK, la POWER + plus puissante peut aussi être choisie.

Le fait de ne pas rester en «  point fixe  » nécessite, pour un maniement optimum, une autre prise en main de la PAM. La « S.D.C.A » propose une formation notamment à ce maniement.

Le choix des paramètres, autres que ceux validés enregistrés dans l’appareil et sur l’application, est possible et même préconisé compte-tenu de ce qui a été évoqué en amont.

La procédure reste inchangée :

1. Bilan et diagnostic M.K, ce qui détermine la stratégie de traitement.
2. Explication du déroulé, du nombre de séances, éventuellement du temps de pause entre deux séquences, des effets secondaires éventuels, …
3. Installation patient-praticien.
4. Repérage-palpation.
5. Choix des paramètres selon les zones les objectifs et le type d’O.D.C.
6. Traitements
7. Traitement complémentaire ou non
8. Conseils-consignes.

NB : l’évolution du siège de la douleur (points douloureux) nous amène à reconsidérer la séance à chaque fois; un bilan (rapide mais précis) doit être réalisé systématiquement avant tout nouveau traitement par ODC. Il arrive parfois que la douleur «  résiduelle  » siège en couronne au nouveau du talon, elle sera traitée.

En parallèle, le temps d’arrêt partiel-total de l’activité doit être pris en compte par la mise en place d’un programme d’entretien et/ou de réathlétisation adapté au patient.

Cette technique efficace, basée sur des preuves, laisse libre choix au thérapeute sur son approche pratique, sur son traitement au fil des séances tout en respectant un cadre.

Enfin elle laisse toute marge de manœuvre pour une approche individuelle et globale par un (des) traitement(s) complémentaire(s) accompagnant(s) le patient vers une reprise de son activité sans douleur (cf première doléance exprimée par ce dernier lors de la consultation).

Au final, l’objectif à atteindre est la reprise de l’activité sans gêne, sans douleur (cf première doléance exprimée par ce dernier lors de la consultation) et sans récidive !

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