Les troubles moteurs liés au sommeil

Lionel GREMILLARD

Ostéopathe

Nous abordons dans cet article les troubles moteurs qui précédent et suivent l’endormissement, étant précisé que l’activité musculaire au cours du sommeil est absente, le tonus diminuant jusqu’à l’atonie totale.

Les troubles moteurs sont souvent décrits par les patients qui en sont atteints. Le plus habituel est le syndrome des jambes sans repos mais d’autres existent à des fréquences plus relatives.

Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) se caractérise par une sensation désagréable perçue au niveau des membres inférieurs survenant le soir au repos précédant ou retardant l’endormissement et améliorée par le mouvement. (réf les troubles du sommeil Billiard). Elsevier) 8,5 % de la population française en est atteinte et 50 % décrivent des troubles 1 fois par semaine. L’âge moyen de survenue des troubles se situe entre 27 et 35 ans (réf), et il est 2 fois plus fréquent chez les femmes.

Il existe 2 formes de SJSR :

  • Forme primaire avec une survenue vers 20 ans
  • Forme tardive apparaissant vers 40 ans mais d’évolution temporaire sur 2 à 3 ans.

Dans 40 % des cas on retrouve des antécédents voire une histoire familiale avec la mise en évidence de facteurs génétiques et l’identification de troubles de métabolisme du ferintra cérébral avec une diminution de la ferritine et une augmentation de la transferrine au sein du liquide céphalo-rachidien.

Les plaintes sont de l’ordre des picotements, tiraillements ou tension musculaire soulagés par le mouvement et touchant les membres inférieurs mais parfois les supérieurs.

La principale complication est l’insomnie d’endormissement qu’il ne faut pas négliger carelle peut faire partie des facteurs de risques de maladies cardiovasculaires, une prévalence de 2 est apparue dans certaines études.

 

Lors de consultation la plainte de type SJSR est à différencier de l’insuffisance veineuse, des neuro ou radiculopathies et des troubles lombo-sacrés.

Le deuxième trouble moteur le plus fréquent : les Mouvements Périodiques des Membres (MPM) déni par des épisodes périodiques des mouvements respectifs et stéréotypés des membres pendant le sommeil. Ce syndrome touche 5% des sujets de moins de 50 ans et augmente avec l’âge atteignant 30 % au-delà de 65 ans.

Il est difficile de faire un diagnostic différentiel par rapport au SJSR mais 2 caractéristiques se détachent : une rythmicité des mouvements avec une fréquence d’environ 20 à 40 secondes et une dysfonction dopaminergique (réf). Les mouvementssont semblables au signe de Babinski mais le diagnostic n’est possible qu’enpolysomnographie et avec une électromyographie.

Ils sont souvent associés à des pathologies du sommeil (apnée, syndrome obstructif,narcolepsie,….) et n’ont pas de traitement propre. Mais l’impératif est la mise en place parla spécialiste d’un traitement de la pathologie du sommeil associée au MPM.

Parfois lors de consultation les patients nous rapportent des soubresauts à l’endormissement gênant le conjoint et interrompant parfois l’endormissement. Il s’agit de myoclonie. Elles sont physiologiques et correspondent à des contractions musculaires brutales des membres ou du corps. Elles peuvent uniques ou par slaves, elles sont augmentées lors de prise d’excitant alcool café ou lors de pratique physique intense et de stress.

Pour être complet il faut citer les myoclonies propriospinales dont l’étiologie est variable. Ce sont des secousses musculaires involontaires touchant l’abdomen et les membres inférieurs. Elles sont générées au niveau de la moelle épinière. Elles sont la cause d’insomnie d’endormissement sévère et leur diagnostic est uniquement électromyographique.

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