Les français ne dorment plus assez, impact des modes de vie

Lionel GREMILLARD

Ostéopathe

Le mois de mars est devenu le mois de référence pour le  sommeil. Déclaré d’utilité publique par le gouvernement, il fait l’objet d’une attention particulière puisqu’une journée lui est consacrée. L’institut national du sommeil et de la vigilance pilote cet événement qui aura lieu cette année le 22 mars. Le thème 2019 est : « Impact des modes de vie sur notre sommeil ».

Nous le savons maintenant le sommeil peut être perturbé par de nombreux facteurs. Notre société devient multi focale et multiculturelle. Alors qu’il y a quelques années le mode de vie était «calibré » et seuls les travailleurs postés étaient considérés comme les figures de proue d’un sommeil déstabilisé, aujourd’hui les modes de vie sont multiples et impactent le sommeil dès le plus jeune âge.

 

Lorsque l’on compare le temps de sommeil actuel à celui de 1910, on observe une différence des habitudes concernant la durée de sommeil. Plus le temps passe, moins on dort. Pour la première fois en France, le temps de sommeil quotidien des adultes passe sous la barre des 7 heures : la nouvelle moyenne s’établit à 6h42. Pire, un Français sur  trois  dort moins de 6 heures*.

(https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/sommeil/sante-les-francais-ne-dorment-pasassez_3229777.html) et (https://www.ledauphine.com/france-monde/2019/03/12/lesfrancais-dorment-moins-et-c-est-tres-mauvais-pour-leur-sante).

On remarque ainsi une baisse considérable du temps de sommeil dans nos sociétés actuelles. Ce phénomène est principalement lié à un coucher plus tardif.  29 % des Français dorment moins de sept heures par jour. La réduction du temps de sommeil est un phénomène qui prend encore de l’ampleur dans la population générale (consommation de contenus sur écrans, coucher tardif des jeunes enfants…).

Une des causes principales de cette réduction réside dans la contrainte des horaires de la semaine et le fait que le sommeil est une des premières variables d’ajustement qui est activée pour permettre de réaliser toutes les activités. Le week-end, le temps de sommeil est plus important car la contrainte des horaires est généralement atténuée. Ceci ne permet que de compenser en partie le décit de sommeil de la semaine. Plus le manque de sommeil est élevé au cours de la semaine, plus la durée du sommeil sera élevée le week-end. Cependant cette tentative de récupération est incomplète chez plus de la moitié des Français et ces phénomènes d’irrégularité sur les quantités ainsi que les horaires de lever et de coucher au cours de la semaine sont ultra-perturbateurs pour l’horloge biologique et les cycles circadiens. Cela a donc un effet général qui est contreproductif sur le plan physiologique.

La constatation est flagrante chez les actifs qui sont plus enclins à la dette de sommeil que les inactifs. Le temps de trajet est également source de diminution du sommeil.

  • L’alimentation peut être source d’insomnies. En effet un repas trop lourd, la consommation de boissons excitantes (café, thé, boissons à base de cola, alcool).
  • Le fait de fumer bien entendu mais aussi celui de pratiquer une activité physique excessive surtout en n de journée sont des facteurs pouvant avoir des impacts sur le sommeil et provoquer des troubles du sommeil.
  • Au niveau professionnel, une surcharge de travail ou un effort intellectuel tardif risquent de retarder l’endormissement lors du coucher.
  • Le décalage horaire (retrouvé notamment chez le travailleur de nuit) a un effet néfaste sur le rythme du sommeil de l’individu.
  • L’environnement du patient est un élément primordial pour le sommeil : le bruit (qu’il soit extérieur ou intérieur au domicile), la chaleur, la lumière, une mauvaise literie, etc.… peuvent altérer la quantité et la qualité du sommeil.
  • Dernier point est non des moindres la prise de médicaments peut altérer le sommeil. Au niveau du système nerveux central, plusieurs médicaments influent sur le sommeil :
  • Les benzodiazépines qui modient les stades de sommeil et qui peuvent provoquer des insomnies à l’arrêt du traitement (effet rebond).
  • Les antidépresseurs stimulants, comme les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (Fluoxétine PROZAC, Sertraline ZOLOFT), les tricyliques (Clomipramine ANAFRANIL) qui sont à risque de cauchemars, de myoclonies nocturnes ou encore les neuroleptiques (Phénothiazine NOZINAN, Risperidone RISPERDAL) avec une exacerbation du syndrome des jambes sans repos.
  • Les antiparkinsoniens, avec l’un des plus connus la Levodopa, pour lequel on retrouve à l’EEG un retard d’endormissement et une diminution de la profondeur de sommeil.
  • Concernant le système cardiovasculaire, les Beta Bloquants tels que le Propranolol AVLOCARDYL ou les diurétiques de par la diurèse nocturne perturbent le sommeil.
  • Certains médicaments du système endocrinien, les corticoïdes, la Levothyroxine LEVOTHYROX par leurs effets stimulants et leurs actions directes sur les stades du sommeil sont sources de troubles du sommeil.
  • Au niveau du système respiratoire, le Salbutamol VENTOLINE (bronchodilatateur) et la Théophilline EUPHYLLINE par effet stimulant peuvent altérer le sommeil.
  • Certains antibiotiques tels que les quinolones sont enfin connus pour provoquer des insomnies.

Portez-vous bien et prenez soin de votre sommeil et de celui de vos patients !

*Source : baromètre de Santé publique France publié le 12 mars 2019 / Ces estimations sont basées sur le Baromètre de Santé publique France 2017, pour lequel 12637 personnes de 18- 75 ans ont été interrogées

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