Laserthérapie :un éventail de fréquences pour un éventail de pathologies

Amaël MALLEMONT

Thérapeute

Les protocoles de soins en photo biomodulation s’appuient non seulement sur plusieurs longueurs d’ondes (avec généralement une bonne distinction par les utilisateurs) mais aussi sur des fréquences différentes en fonction de l’effet recherché par le kiné pour son patient (anti-inflammatoire, analgésique ….). Or ces fréquences couvrent un très large spectre offrant un vaste panel de possibilités, et cette composante n’est souvent pas assez comprise donc hélas négligée par les kinés, utilisateurs ou non du laser. Explications avec Amaël Mallemont, kiné – thérapeuthe et conférencier.

La notion de fréquences, retrouvée dans divers dispositifs médicaux dont ceux dédiés à la laserthérapie, est aussi importante que complexe. D’où l’intérêt de revenir sur sa définition fondamentale afin de l’expliciter : dans le Système international d’unités, la fréquence exprimée en Hertz (Hz), correspond au nombre d’oscillations d’un phénomène périodique par unité de temps reliée à la période (T, exprimée en secondes) par la formule f = 1/T.  “En laserthérapie, la fréquence, définie par le nombre de répétitions du signal (photons) dans un temps donné, est de l’information que l’on donne à un tissu” déclare Amaël Mallemont,

 dont la maîtrise des fréquences est un des fondamentaux dans sa pratique. Le laser, acronyme de Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation, à savoir “l’amplification de la lumière par émission stimulée de radiation” est un système photonique reposant sur la production d’un rayonnement lumineux. Mêlant habilement empirisme et théorisation, Amaël indique que les différentes fréquences utilisées vont permettre de travailler sur tel ou tel tissu. “La lumière est un support pour faire passer de l’information dans le corps, et ainsi obtenir une réponse précise dans une direction thérapeutique souhaitée” précise-t-il.

Le potentiel du laser insuffisamment exploité

“La majorité des utilisateurs de lasers est peu intéressée par la compréhension du fonctionnement et de la puissance de leurs possibilités” déplore Amaël, alors que leur potentiel thérapeutique est selon lui tout simplement immense. Forts de ce constat, les industriels développent des appareils intuitifs et faciles d’utilisation, à l’instar de K-Laser ou RJ  . “C’est tout à leur honneur pour démocratiser la technologie, mais il est très dommage que les praticiens sous-exploitent autant les appareils dont ils disposent” affirme-t-il. Tout à l’inverse, il “pousse” les appareils qu’il utilise à leurs limites, se construit des programmes spécifiques et n’hésite pas à explorer des combinaisons.

“Les fréquences utilisées vont être déterminées en fonction des pathologies, des tissus, des zones… Le champ des combinaisons est colossal et ouvre l’univers des possibles !” déclare Amaël. « En fin de compte la ligne droite n’est pas toujours le chemin le plus court, et pour certains contextes et pathologies complexes, parfois ingérables médicalement parlant, il est possible d’adapter nos protocoles finement par le biais de fréquences spécifiquement choisies » indique-t-il, soulignant qu’il faut pour cela maîtriser beaucoup de connaissances et être enclin à une certaine gymnastique intellectuelle!

Sachez qu’il y a des informations cachées derrière les fréquences!

“Les connaissances sur l’action thérapeutique des lasers avancent” se réjouit Amaël, pour qui on n’est qu’aux prémices de ce que la technologie peut donner comme résultats. “Je suis quelqu’un de passionné et transmettre me fait vibrer autant que soigner, j’aimerais vraiment que la connaissance se diffuse” confie Amaël Mallemont, avouant dans ses quêtes de savoir avoir passé d’innombrables heures à chercher, lire et pratiquer, et in fine pouvoir en faire bénéficier des milliers de patients chaque année.
Les résultats obtenus sonnent comme une

récompense du savoir acquis au prix d’une implication sans limite, et encourage à la compréhension de choses toujours plus spécifiques! “Par le biais des fréquences lasers on transmet de l’information dans les cellules et les tissus, on peut mobiliser telle ou telle voie métabolique, induire des réactions spécifiques dans l’organisme… C’est une autre façon de réfléchir et de soigner!” affirme-t-il, soulignant que pour tirer pleinement parti de la technologie laser il faut disposer d’un panel d’appareils différents et explorer leurs atouts respectifs. 

« À l’aide d’appareils différents, de puissances variées, et en s’appuyant sur la connaissance des fréquences, il est possible de s’adapter aux personnes, aux pathologies, et de relancer tous les potentiels de guérison des organismes » conclut-t-il.

Le temps de relaxation thermique (TRT), paramètre important des fréquences du K-Laser 

Lorsqu’on mesure l’activité cellulaire pendant un traitement au laser, que ce soit par la synthèse de l’ATP, le taux de prolifération de l’ADN, la régulation de l’enzyme (…), on constate que les différents types de tissus réagissent à différentes fréquences. Les études de Tina Karu, chercheuse dans le domaine de la thérapie laser, montrent que le paramètre de pulsation le plus important est le « temps de repos » entre chaque impulsion. Les cellules sont suffisamment petites pour pouvoir dissiper la chaleur de l’ordre du micro ou milliseconde, ce qui peut être fait entre les impulsions laser.

Le temps de relaxation thermique (TRT) est différent selon le type de cellule, probablement en raison

de leur teneur différente en eau ; Les ostéoblastes sont composés à environ 60% d’eau, alors que les muscles lisses le sont à 90%.

L’eau est le principal conducteur biologique de la chaleur et par conséquent, plus la teneur en eau est élevée, plus la cellule peut dissiper sa chaleur. Possible raison pour laquelle les os semblent mieux répondre à une fréquence basse, alors que les tissus mous se guérissent plus rapidement avec une fréquence plus élevée; Les os sont plus lents pour dissiper la chaleur, de sorte que les fréquences plus basses permettent un temps supplémentaire entre chaque impulsion pour que cette dissipation se produise.

Comment utilise-t-on  cette information pour être cliniquement utile?

Tout d’abord, pour le praticien, il est important d’identifier les tissus impliqués dans la guérison d’une affection donnée. Dans une déchirure du ligament, celui-ci est endommagé, mais les points d’insertion à l’os et au muscle, ainsi que les vaisseaux sanguins fournissant les nutriments à chacun, sont tous très impliqués dans le processus de guérison.

C’est pourquoi les dernières générations de laser utilisent au court d’un même protocole de traitement plusieurs combinaisons de paramètres. On a alors de meilleures chances de stimuler individuellement chaque type de tissu, ce qui permettra de cicatriser plus rapidement et plus efficacement.

 

Il est donc important dans le choix de son équipement d’avoir un laser thérapeutique qui livre une lumière continue et pulsée, et une gamme complète de fréquences indépendamment sur un seul protocole pour cibler efficacement les nombreux types de tissus dans le corps.

* Effect of Pulsing in Low Level Light Therapy. Javad T. Hashmi, MD, Ying-Ying Huang, MD, Sulbha K. Sharma, MSc, Divya Balachandran Kurup, MD, Luis De Taboada, MSEE, James D. Carroll,5 and Michael R. Hamblin, PhD

** Studies into the action specifics of a pulsed GaAlAs laser on cell culture. T.I KARU, LV. PYATIBRAT and G.S. KALENDO

Evolution des fréquences au cours d’un traitement K-Laser :

Evolution des fréquences au cours d’un traitement K-Laser