La nouvelle place importante de l’onde de choc dans l’application et l’approche des troubles musculaires

Xavier LEROUGE

Kinésithérapeute spécialisé en
kinésithérapie du sport

Le syndrome des douleurs myofasciales est une maladie courante dans le quotidien de la kinésithérapie. Il existe aujourd’hui une multitude de traitements mais leur efficacité n’est pas toujours avérée.

D’après la théorie de Travell et Simons (1992), les points trigger (également appelés points gâchettes) sont l’origine principale des douleurs myofasciales. Contrairement à la description très détaillée du syndrome des douleurs associées aux muscles de cette théorie, la thérapie des points trigger est peu répandue dans la pratique kinésithérapique.

Le diagnostic s’appuie sur des symptômes cliniques et sur l’identication de petits nodules (2 à 5 mm de diamètre) et de bandes de tension au niveau des muscles affectés qui provoquent des douleurs locales et référées. Il n’a pas encore été possible à ce jour de déterminer si les points trigger musculaires constituent ou non des éléments pathologiques à part entière.

D’après « l’hypothèse intégrée » de Simons (1996), les points trigger sont dus au dysfonctionnement de la plaque terminale motrice du muscle pouvant être provoquée par différents mécanismes telles que la surcharge mécanique aiguë avec trauma ,la surcharge chronique due aux troubles musculo squelettiques, la mauvaise posture, le froid et le stress émotionnel. Ils peuvent également résulter de déformations articulaire, de troubles neurogènes, viscéraux hormonaux ou musculaires lointains.

La libération accrue du calcium due aux lésions mentionnées ci-dessus entraîne une contraction permanente des laments d’actine et myosine sous la plaque terminale atteinte, ayant elle-même pour conséquence une consommation surélevée d’énergie.

Simultanément, la compression des capillaires par les nodules de contraction provoque une ischémie locale qui entrainera des douleurs référées. La douleur référées caractéristiques des points trigger peut-être expliquer à l’aide du schéma suivant :

Simon J Electromyogr Kinesiol 2004
Simon J Electromyogr Kinesiol 2004

Ces deux facteurs combinés engendrent une crise énergétique locale. La plaque terminale motrice déjà endommagée continuera de se dégrader, instaurant ainsi un cercle vicieux.

Les muscles présentant des points, ou zone, trigger voient leurs propriétés altérées : raccourcissement, affaiblissement, relâchement musculaire retardé après stimulation… Ceci explique pourquoi ces muscles sont prédisposés aux blessures consécutives à ce genre d’altérations  : élongation musculaire, déchirure des fibres musculaires, etc. Les points trigger musculaires, dont les forces d’auto guérison sont réduites, demandent donc un traitement particulier.

Le traitement initial, et parmi les plus efficace, consiste à exercer une pression mécanique puissante sur les nodules musculaires pour relâcher la contraction et étirer les muscles pour rétablir la longueur normale de la fibre. (les raisons de l’efficacité de cette méthode thérapeutique fait actuellement l’objet de discussions).

L’application des ondes de choc sur les points trigger va permettre une nouvelle méthode ! Elle s’apparente à la thérapie manuelle en ceci qu’une pression est appliquée sur un point gâchette pour relâcher la contraction pathologique du segment musculaire. Les ondes de choc radiales permettent de traiter localement et toute la surface des muscles affectés.

La clé de ce traitement est de placer le muscle au 1 plan en tant qu’organe douloureux. C’est une méthode conservatrice qui implique la réduction du tonus musculaire et la diminution du raccourcissement musculaire. La thérapie par ondes de choc peut-être indiquée pour toutes sortes de maladies myofasciales aiguës et chroniques.

Un trouble musculaire entraînera par effet de cause une tendinopathie dans la plupart des cas. Le traitement au niveau de l’insertion tendineuse est donc indiqué pour tous les cas où le raccourcissement des muscles, provoqué par les points trigger musculaires, a déclenché des tendinopathies d’insertion secondaire (cause /problème). Un traitement avec des ondes de choc à plus haute fréquence (15Hz) avec plus d’impulsions permettra alors un travail sur les muscles adjacents et sur le tendon. La manipulation, la mobilisation et la position de la pièce à main sont des facteurs prépondérants pour obtenir les effets thérapeutiques recherchés  : angiogenèse sur les tissus tendineux, action débrosante et assouplissante sur les tissus musculaires. Le tout est d’être bien formé, de ne pas « taper » n’importe où n’importe comment !

Quelques exemples de maladies orthopédiques pouvant être traités avec succès par les ondes choc :

  • Douleurs lombaires et cervicales aigües et chroniques sans pathologies dus à une blessure ou maladie. Il faut garder en tête que jusqu’à 85 % des douleurs dorsales et environ 55 % des cervicalgies et des céphalées sont provoquées par une douleur myofasciale.
  • Douleur péri articulaire de l’épaule avec restriction de mouvement.
  • Douleur du bassin et de la hanche.
  • Syndrome de la bandelette Ilio tibial
  • Raccourcissement des muscles extenseurs et échisseurs de la cuisse.
  • Syndrome du tibial antérieur.

Bibliographie : 

  • Simons DG Review of enigmatic MTrPs as a common cause of enigmatic musculoskeletal pain and dysfunction. J Electromyogr Kinesiol 2004;14(1):95-107
  • Damian M, Zalpour C Trigger point treatment with radial shock waves in musicians with nonspecic shoulder-neck pain: data from a special physio outpatient clinic for musicians. Med Probl Perform Art 2011;26(4):211-217
  • Ji HM, Kim HJ, Han SJ.  Extracorporeal shock wave therapy in myofascial pain syndrome of upper trapezius. Ann Rehabil Med 2012 Oct;36(5):675-680
  • Markus Gleitz – Myofascial Syndromes & Trigger Points: Shock Wave Therapy in Practice – 2011

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