Etude comparative de 3 coureurs

Fabrice Millet

Podologue

Profil : 

  • Coureur 1 : sprinteur spécialiste du 400m, 186cm, 80kg , chaussures Nike
  • Coureur 2 : trailer, 182cm, 72kg, chaussures Ascis trail
  • Coureur 3 : marathonien, 188cm , 77kg, Ascis Nimbus

3 coureurs avec 3 profils différents et des pathologies différentes :

  • Coureur 1 : tendinite d’Achille
  • Coureur 2 : douleur genou droit ext avec début de lésion méniscale
  • Coureur 3 : douleur genou gauche ( TFL)

Quelles sont les informations recueillies lors de l’examen clinique ?

Chaque coureur est venu suite à des douleurs apparues en courant, pour certains, celles-ci les ont obligées à arrêter la course.

  • Coureur 1 : inflammation du tendon d’Achille, gêne quotidienne, augmentant à la pratique de la course à pied. On retrouve à l’examen des pieds creux varus(déformation majorée à gauche)
  • Coureur 2 : lésion méniscale genou droit associée à un début d’arthrose en externe, pas de désaxation spécifique à l’examen, un léger effondrement du médio-pied sera noté.
  • Coureur 3 : douleur face externe genou gauche, suspicion de syndrome de la bandelette ilio-tibiale. On observe à l’examen un valgus calcanéum associé à un effondrement du médio-pied

Je recueille les données issues de l’activité de marche et de course du patient, à travers l’interface web disponible en ligne sur https://app.podosmart.tech. Les résultats sont ensuite portés à la connaissance du patient, du staff médical et des proches, ce qui va lui permettre de l’intégrer dans le processus de traitement et faciliter son acceptation.

Différents paramètres vont être utiles pour compléter l’examen clinique :

Afin de compléter l’examen clinique, un examen de la marche et de la course sera fait avec podosmart. L’examen de la marche permettra de mieux comprendre les données issues de la course.

Suivant les pathologies certains paramètres seront regardés de manière plus approfondie.

Pour le patient atteint de tendinite d’Achille, on pourra ainsi voir les conséquences sur la marche et évaluer ainsi sa douleur (temps de contact comparés par rapport au côté sain), mais aussi voir si certains facteurs peuvent être à l’origine de l’inflammation ( déviation du pied marche et course, type d’attaque à la course, force d’impact) .

Pour le patient atteint de lésion méniscale, vérifier ce qui pourrait avoir à tendance à surcharger le compartiment externe (déviation du pied à la marche et à la course, type d’attaque, force d’impact) et voir les conséquences sur sa marche et course.

Pour le patient atteint du syndrome de l’essuie-glace, le but est de connaitre la cause d’apparition de cette pathologie (pronation ou supination) et l’importance des déformations afin de proposer le traitement le plus adapté. Mais aussi de le conseiller sur sa course afin de minimiser les déformations.

Traitements proposé

  • Coureur 1 : correction des déformations statiques et dynamiques à l’aide de semelles orthopédiques, surélévation du talon à l’aide de talonnettes qui seront mises sur un temps court (1 à 2 mois) et mise en place par son kinésithérapeute du protocole de Stanish qu’il effectuera ensuite seul chez lui.

Test de marche et course refait après 6 mois, plus de douleurs, reprise des séances de sprint. Seul problème le patient n’a rééduqué que le côté douloureux et il a créé une différence au moment de la propulsion, avec des muscles sollicités différemment entre les deux côtés.

  • Coureur 2 : le but est de rééquilibrer ses appuis, cela sera fait par l’intermédiaire de semelles orthopédiques, son kinésithérapeute lui a aussi proposer un programme proprioceptif. Il pourra aussi faire évoluer sa foulée en ayant une attaque talon moins marquée, et aussi par le choix de chaussures favorisant une attaque plus médio-pied.

  • Coureur 3 : un programme de renforcement musculaire sera proposé, associé à la confection de semelles orthopédiques, un conseil vers des chaussures pronatrice de running (type Ascis Kayano) lui sera également donné

Conclusion

Chaque coureur présente une attaque et une manière de courir différente, et peut développer des pathologies par rapport à cela. L’avantage de Podosmart est de compléter les données cliniques et permet de préciser le traitement. Il permet de suivre les évolutions au cours du temps.

Il n’y a pas une attaque à privilégier et à conseiller, mais en fonction du coureur et de ses pathologies on peut faire évoluer sa façon de courir afin qu’il ne se blesse plus.

La grande « mode » d’être aérien n’est pas à conseiller à tout le monde et comme on a pu le voir (coureur 1) peut provoquer des pathologies aussi. Si il y a une évolution à proposer au coureur , elle doit se faire de manière progressive et en fonction du profil du coureur.

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