Diversification Sport-Santé
& activité physique
une opportunité sans précédent

Daniel HALLIFAX

Consultant en Diversification d’Activité

CONTEXTE : 

On ne peut s’empêcher d’observer un contexte politique, économique et démographique sur le sujet du « sport santé » et des « activités physiques adaptées » de plus en plus favorable au métier de masseur kinésithérapeute. A un tel point qu’on peut se demander s’il ne s’agit pas d’un véritable appel du pied. Le désengagement progressif annoncé de la sécurité sociale, le vieillissement de la population active et les progrès en matière de soins et de traitements préventifs, poussent à la réflexion sur les options de diversifications pour la profession. Rajoutez à ceci l’émergence d’un marché « Healthy », qui revendique une approche prévention ou optimisation de sa santé, et vous verrez pointer les opportunités sans précédents pour des projets de diversifications. Alors pourquoi les masseurs kinésithérapeutes et les professionnels de santé peinent-ils à sauter le pas ?

CONNAISSANCES, COMPETENCES ET ETHIQUE ?

Un premier élément de réponse est la conception que certains professionnels de santé ont de l’économie de marché, autrement dit de tout ce qui n’est pas pris en charge par la sécurité sociale. Un projet de diversification signifie soins, services ou ventes de produits qui sortent du périmètre de la convention de prise en charge et repose sur la notion de pouvoir d’achat qui a tendance à poser des problèmes éthiques à certains professionnels de santé ou tout du moins les décourager. Pour certains « on ne fait pas de la santé un commerce », tout le monde doit pouvoir être soigné indépendamment de son niveau de revenu. Je partage assez ce point de vue quand il s’agit de soigner des personnes qui ont « perdu » leur santé (ex: cancer, fractures …) mais il ne faut pas oublier que le principe de « santé » ne se limite pas à soigner ou guérir, c’est aussi (et surtout) prévenir ou tout simplement ce donner les moyens de ne pas avoir à être soigné. Et c’est certainement là tout le potentiel des projets de diversifications.

Un autre élément de réponse, qui à mon avis est plus générale, est le manque de connaissances des professionnels de santé sur les méthodes de gestion de projets et plus important encore un manque de compréhension des sujets marketing et communication qui conduisent à des préjugés qui paralysent le secteur. Quelle est la frontière entre conseiller et communiquer, quelle différence y a-t-il entre marketing et motivation ou lobbying et manipulation…

L’inertie des professionnels de santé conventionnés à proposer de nouvelles approches et/ou prises en charges d’un segment de population de plus en plus impliqué dans leur qualité de vie et engagé dans leur bien-être, conduira inévitablement à l’apparition de nouveaux acteurs sur le marché « Healthy ». Un marché qui pourrait se définir comme le secteur de la « prévention santé » ou « la santé optimisé » ?

LES OPPORTUNITES QUI ATTENDENT DES REPONSES

Selon le sondage OpinionWay de l’Observatoire de la santé Le Figaro-Weber Shandwick (2014), les Français ne font pas assez d’exercice physique : ils ne sont que 12% à mettre en pratique les bonnes habitudes pour rester en bonne santé. Selon ce même sondage 70% des Français -notamment les femmes- déclarent surveiller leur poids pour maigrir ou pour ne pas grossir, et 88% estiment que l’activité physique plus intense et plus fréquente permet un meilleur contrôle du poids. Mais seulement 12% déclarent faire déjà au moins deux heures de sport par semaine. Les jeunes (18-24 ans), les diplômés du supérieur et les personnes ayant de hauts revenus (supérieurs à 3.500 euros par mois) apparaissent comme étant les mieux informées et motivées.

J’entends déjà certains me dire qu’il s’agit là de la population « fitness », les personnes motivées par leur apparence physique. Cependant la surcharge pondérale est avant tout un problème de santé qui va au-delà de l’apparence physique. C’est une source d’ALD (Affections de longues durées) très important, de maladies cardio-vasculaire et surtout de pathologies osteo-articulaires lié à un déséquilibre du rapport poids/puissance (entorses, prothèses de hanches …).

Moins d’un Français sur deux (49%) déclare pratiquer une activité physique ou sportive. Ceux qui s’y adonnent le font majoritairement (65%) pour des raisons de santé, de bien-être et d’entretien physique. Les notions de plaisir et d’apparence physique arrivent en deuxième et sixième position, pour seulement 15% des personnes interrogées (sondage BVA juin 2014). En France on sous-estime encore le rôle préventif de l’activité physique et sportive face aux problèmes de santé et c’est là que les professionnels de santé ont un devoir et des opportunités de diversifications. Notamment quand on sait que 62% des personnes interrogées pensent que des « consultations de prévention » chez un professionnel de santé auraient un impact positif au niveau sanitaire : les patients seraient davantage guidés dans leurs pratiques alimentaires ou sportives et tomberaient donc moins souvent malades. Pour revenir au sondage, il révèle que les français ne font pas ou plus de sport car ils manquent d’informations et d’aide. Plus d’un Français sur trois (35%) s’estime être mal informé sur les activités physiques qui pourraient le mieux lui convenir. D’ailleurs 60% de français non sportifs déclarent qu’ils éprouveraient des craintes sur la manière de reprendre une activité physique ou sportive. Plus qu’une simple appréhension, cette peur agit comme un véritable frein psychologique pour débuter ou reprendre une pratique sportive.

ENTRAINEMENT OPTIMISE

Le corps humain est l’organisme le plus incroyable et le plus sophistiqué sur terre car il s’adapte en permanence à ses besoins et à l’environnement. Plus on lui en demande et plus il en fait, moins on lui en demande et moins il en fait…
On observe deux comportements face à la sédentarité croissante de notre société:

1- Construire sa santé et ses qualités physiques au sein d’une vie de plus en plus active.

2- Stimuler son organisme avec une activité physique régulière en parallèle pour pallier les excès d’une vie sédentaire. Je pense qu’il faut apporter aux personnes une activité physique optimisée qui leur permettra et les motivera à être plus actifs, au lieu d’une activité physique contraignante destinée à ré-équilibrer l’abondance calorique de nos repas et vendre l’apparence de la jeunesse éternelle.

La notion de santé est relative à ce que l’on attend de son corps et non pas une norme absolue que l’on peut appliquer à tout le monde sans prendre en considération les caractéristiques de leur vie.

Ainsi le concept de « Santé Optimisée » consiste à proposer une activité physique sûr, simple, efficace et rapide afin d’améliorer nos valeurs vitales en lien avec la vie que nous menons. Le but étant de développer notre énergie au quotidien afin d’être plus actif.

SI CE N’EST PAS VOUS, CE SERA QUELQU’UN D’AUTRE

Avec 20 ans d’expérience sur le marché de la remise en forme, puis du sport santé européenne en tant que qu’entrepreneur, dirigeant et consultant, j’ai pu constater que l’avenir d’une grande partie des professionnels de santé en France repose sur leur capacité à diversifier et faire évoluer leurs activités. Si les masseurs kinésithérapeutes tardent, le marché ne les attendra pas, d’autres professions apparaîtront qui n’auront pas les soucis de savoir si leurs soins sont hors convention sécurité sociale.

En Allemagne on ne parle plus de projets de diversification « sport santé » mais du marché Sport Santé des Physiothérapeutes. En Suède ou en Grande Bretagne il existe un marché « Health & Fitness » dont les acteurs principaux sont les professionnels de santé.

Aujourd’hui je propose des formations, des audits ou de la gestion de projet dans le cadre de la diversification « Sport santé et activités physiques thérapeutiques ». Les workshops qui vont de 3h à 2 jours traitent de la méthodologie et des outils de gestion de projet.

Ces formations ont pour objectifs de vous éclairer sur les étapes à franchir pour monter votre projet de diversification, vous apporter des outils et des connaissances pour vous lancer ou vous motiver à entreprendre.Un autre aspect de mon activité est l’audit de votre activité actuelle et vos possibilités de faire évoluer votre situation avec différents niveaux risques. L’accompagnement est individuel et confidentiel.

Mon objectif est de vous apporter les moyens, les connaissances et les outils pour développer une véritable politique de « prévention santé et bien-être » et ainsi mettre sur pieds un concept et des services orientés sport santé, réathlétisation et activités physiques adaptées.

LE CLIENT EST CELUI QUI PAYE !

Il ne s’agit pas ici de parler d’argent, de clientélisme ou d’ouvrir un débat sur la gratuité des soins de santé versus la qualité de soins payants. Le but de cet article est d’apporter de nouvelles pistes de réflexions pour construire et structurer un projet de diversification d’activités « Sport Santé et activités physiques adaptées ».

La première étape dans la construction d’un projet de diversification d’activité professionnelle, est de savoir à qui l’on s’adresse afin de pouvoir construire sa proposition de valeur et son modèle de revenu(s). De manière générale le client est celui qui paye, donc celui qui fixe les règles. Cependant le client n’est pas toujours l’utilisateur, comme on peut le remarquer dans le cas de figure des cadeaux de Noël ou des achats des parents pour leurs enfants. Dans cet exemple, le client s’inscrit dans un besoin de tradition, de fête et de faire plaisir et n’aura que faire de l’objet en soi, alors que l’utilisateur ne sera satisfait que par l’objet et sa capacité à répondre à ses attentes. Sans rentrer dans la complexité des stratégies marketing pour les différentes cibles d’acheteurs / consommateurs, il est primordial de comprendre l’asymétrie des besoins qui existe entre le client et l’utilisateur, dans notre cas le patient, et de le rattacher à notre problème de diversification d’activité car c’est un point clé dans la construction du business modèle.

L’ASYMETRIE DES BESOINS

Un projet de diversification d’activité est avant tout un changement de segment client, on passe sur un modèle où le client et l’utilisateur sont la même personne, ou dans le cas parents – enfants, où le client et l’utilisateur partagent un intérêt commun.

L’asymétrie des besoins déplace le problème des soins payants, perçu comme source de nivellement social dans un système de soin qui se veut équitable, vers un débat d’innovation et d’efficience de nos protocoles de soins, de rééducation et de réathlétisation. La première préoccupation devient : avons-nous les méthodes ou le savoir-faire pour répondre aux besoins de nos patients ?

Ensuite : si ces besoins ne sont pas alignés avec les critères du client « sécurité sociale », avons-nous une solution à apporter à notre patient pour qu’il puisse devenir notre client ?

De nombreux patients quittent ou n’entreprennent pas de parcours de soins car ces deniers ne correspondent pas à leurs attentes ou par manque de confiance dans les protocoles proposés. On justifie souvent le comportement des patients qui quittent les protocoles de soins par le fait que ces derniers ne prennent pas leur santé ou les avantages de la sécurité sociale au sérieux. Quant à ceux qui n’entreprennent pas de parcours de soins, nous n’avons pas réellement de moyen de les identifier car ils restent en-dehors du système. Dans mes missions de Consulting on me remonte systématiquement l’information que les patients ne veulent pas payer en plus pour leur parcours de soins. Mais la question à se poser est : pour qui a-t-on construit le parcours de soin ?

En cinq ans je n’ai eu que trois occasions de voir un parcours de réathlétisation écrit avec une durée et un prix pour un client. Ces trois structures ont su faire la différence entre leurs clients : leur principal qui finance leurs patients et tous les autres qui viennent prendre en charge leurs besoins spécifiques.

EN CONCLUSION

La première étape d’un projet de diversification est de choisir son client et de comprendre ses besoins en se souvenant que le client est celui qui vous paye. La notion d’asymétrie des besoins entre le client et l’utilisateur doit vous conforter dans vos ambitions d’améliorer vos soins et votre prise en charge de vos patients. Vous inciter à mettre en place des approches nouvelles et innovantes qui inciteront vos patients à devenir vos clients car vous aurez réussi à répondre à leurs besoins.