Comprendre la biomécanique et les pathologies du cyclisme

Guillaume SARRE

Médecin du sport

Avec le retour des beaux jours et l’imminence du Tour de France revient la pratique du cyclisme. Même si la prévalence et la gravité de celles-ci sont généralement largement moindres que dans des disciplines comme le football et le rugby, le cyclisme amène également son lot de pathologies. Celles-ci sont de deux types : macro traumatologie liée aux chutes, et micro traumatologie liée à la répétition du geste de pédalage lors des sorties prolongées. Il importe de bien comprendre le cyclisme et sa biomécanique pour traiter ces dernières.

Une selle trop haute, trop reculée, en engagement sur la pédale trop important, une potence trop longue ou trop basse sont autant de causes aboutissant à une mise en tension excessive des chaînes postérieures. Il en résultera des douleurs des mollets, des tendons des ischio-jambiers ou des lombaires. On peut également observer des douleurs antérieures du genou (syndromes fémoropatellaires ou tendinopathies rotuliennes) par sursollicitation de l’appareil extenseur pour vaincre la tension excessive des antagonistes.

Une selle trop basse ou trop avancée pourra induire un syndrome fémoropatellaire par hyperflexion du genou lors de la phase initiale de poussée, ou un syndrome du muscle piriforme.

Un mauvais réglage des pédales automatiques (liberté angulaire insuffisante en particulier) va induire un important déplacement du genou dans le plan frontal, source de douleurs fémoropatellaires.

 Une potence trop basse provoquera une hyperextension de nuque génératrice de douleurs, en particulier en début de saison lorsque les muscles sont encore insuffisamment conditionnés, ou lorsque le casque est trop lourd.

 

Les pathologies spécifiques du cyclisme sont essentiellement liées aux points d’appui du cycliste sur sa machine. En premier lieu, l’interaction du périnée et de la selle, d’autant plus fréquente que cette dernière est trop haute ou trop étroite. On retrouve la névralgie pudendale, et les infections (furoncle et abcès chez l’homme, bartholinite chez la femme). Le deuxième point d’appui (mains sur le guidon) peut générer une paralysie du nerf cubital, en règle transitoire.

Le syndrome de la bandelette iliotibiale est exceptionnel chez le cycliste. Il est généralement consécutif à un mouvement asymétrique du bassin lié à une inégalité de longue de jambe (anatomique ou fonctionnelle). Également exceptionnelle, la tendinopathie d’Achille est souvent causée par un engagement insuffisant du pied sur la pédale automatique. 

En résumé, le traitement de la pathologie de surutilisation chez le cycliste doit impérativement s’accompagner d’une vérification de la position sur le vélo. Celle-ci impose un minimum de connaissance de la biomécanique cycliste, en particulier lorsque les douleurs concernent la partie antérieure du genou (cas de figure fréquent) puisque les causes peuvent être multiples. L’ajustement du réglage du vélo doit englober la prise en compte des longueurs segmentaires du cycliste, de ses raideurs musculaires et de ses asymétries.

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