Quoi de nouveau sur l’épicondylalgie en 2015 ?

Patrick Berdoulet, Kinésithérapeute Orthopôle Bruges (33), Kinésithérapeute des équipes de France de Volley (1980-1986) et de Golf (2007-2010), Pôle France Pelote Basque (2013).

photo_01La définition de l’épicondylalgie citée par Spencer et Herdon en 1953 (Surgical treatment of epicondylitis J; BONE Jont Surg) est encore d’actualité

C’est « un syndrome complexe caractérisé par une douleur dans la région épicondylienne qui est augmentée par la contraction active ou l’étirement passif des muscles épicondyliens »

Quelles sont les nouveautés dans le cadre de la rééducation de l’épicondylalgie ?

 

« S’il y a une chose que je sais c’est que je sais pas  » disait Jean Gabin, tout cela pour dire qu’il n’y a aucune preuve scientifique de la supériorité d’une technique sur une autre.

Le coude est « un valet entre deux maitres, l’épaule et la main » et les épicondyliens sont « les fusibles d’une pathologie en ligne du geste en chaine cinétique ouverte tractée  » Frédéric DEGEZ.

Sur le plan étiologique cette pathologie touche les femmes autant que les hommes et souvent un facteur causatif professionnel, quelquefois brutal, ou sportif est responsable de cette tendinopathie ou tendinose.

La classification de Van der Berken et Jouveneau comprend 4 stades :

Stade 1 : altération de la partie antérieure du tendon d’insertion du CERC
Stade 2 : altération avec zones de clivage = fissure
Stade 3 : désinsertion partielle avec formation d’un pseudo kyste
Stade 4 : arrachement complet avec solution de continuité

Nous sommes en présence soit d’une atteinte au niveau du corps du tendon sous la forme d’une tendinose ou au niveau des insertions sous la forme d’une entésopathie.

Les facteurs de risque sportif se retrouvent au base ball, au cricket et de façon universelle au tennis, squash, badminton etc …. et les facteurs professionnels ou lors du bricolage.

En conséquence nous sommes en présence d’une hypersollicitation (overuse) ou/et d’un vieillissement du tendon avec une localisation corporéale ou entésopathique.

L’examen clinique comportera un interrogatoire et la recherche des 3 signes cardinaux soit douleur à l’étirement passif, la contraction contrariée, et la palpation.

Le diagnostic différentiel permettra d’éliminer :
– Une dysfonction articulaire huméro radiale ou radio ulnaire
– Une pseudo tendinopathie d’origine cervicale
– Un syndrome du défilé thoraco brachial accompagné d’autres signes
– Une épicondylalgie la térale neurogène (nerf radial sous l’arcade de Frohse)

Les objectifs du protocole de rééducation proposent que le patient provoque et accompagne une cicatrisation dirigée sur 8 à 10 semaines par surtout un travail de renforcement excentrique pour obtenir une capacité résistive supérieure avec correction du geste et la pathologie sera oublié après 3 mois.

Les techniques de rééducation feront appel à la correction de la cinématique (épaule, coude , poignet , rachis), à la réharmonisation articulaire (Sohier, Mulligan), aux ondes de choc et cryothérapie, aux levées de tension ( technique de Jones ), au MTP et auto massages par le sujet, un protocole de renforcement excentrique (Stanish) associé à des étirements, un travail de Kabat avec une physiothérapie (Winback et K-Laser)

Cette rééducation peut se compléter par le port d’une orthèse qui aide au remplacement du rôle du CERC par le LERC.

De nouveaux traitements comme le PRP pour des atteintes tendino fissuraire ou la toxine botulique

Enfin il sera nécessaire d’analyser le geste causatif pour corriger le geste (intégrant rachis, épaule, main) associé à des conseils d’ergonomie

 

photo_00Patrick Berdoulet,
Kinésithérapeute Orthopôle Bruges (33),
Kinésithérapeute des équipes de France de Volley (1980-1986)
et de Golf (2007-2010), Pôle France Pelote Basque (2013).




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