Comment améliorer sa performance physique par une alimentation personnalisée ?

Camille LIENERS

Comment des athlètes de haut-niveau peuvent-ils subitement avoir une perte de performance ? Pourquoi ces athlètes souffrent-ils souvent de problèmes intestinaux ou allergies diverses? Pourquoi souffrent-ils fréquemment de douleurs chroniques par la suite ?

Il semblerait que certains problèmes de santé trouvent leur origine, souvent non déterminée, dans un intestin hyper-perméable. – En raison de la performance aigüeà fournir en permanence, l’intestin souffre d’un approvisionnement insuffisant en oxygène entrainant une ischémie. L’oxygène est nécessaire pour les cellules musculaires. Ainsi, les entérocytes (de la muqueuse intestinale) subissent de façon significative une forte sollicitation, allant jusqu’à leur destruction partielle et causant ainsi l’hyperperméabilité de l’intestin. Cette situation est aggravée par la prise d’analgésiques.

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– La cause est une alimentation déséquilibrée : le plus souvent sous forme de glucides -apportés par des produits céréaliers – ou sous forme de produits laitiers, spécialement adaptée pour leur fort taux énergétique. Ces aliments, s’ils sont partiellement digérés, fusent ensuite, à travers la paroi intestinale, dans la circulation sanguine. Le système immunitaire les considère comme des intrus (au même titre que des bactéries ou des intrus) et cherche à les détruire. Chez les athlètes, cette réponse immunitaire, accentuée par la porosité de la paroi intestinale, ne se limite pas aux aliments cités ci-dessus mais concernent aussi d’autres aliments ingérés. La population d’athlètes montre une augmentation de la production d’anticorps contre des aliments par rapport à la population moyenne. Dans les cas les plus graves, le système immunitaire réagit avec des anticorps IgE conduisant à une allergie classique. Plus souvent cependant, la réponse immunitaire se traduit par la formation d’anticorps IgG. Généralement considérés comme inoffensifs car ils constituent une réponse normale, les anticorps IgG visent à éliminer des antigènes inflammatoires reconnus et responsables de cette réaction. Même si cette réaction peut également conduire à des réactions anaphylactiques graves, elle évolue normalement de façon moins spectaculaire. Ces problèmes à répétition deviennent inquiétants en cas d’expositions répétées. Il se produit alors une réaction inflammatoire à caractère chronique, qui peut avoir des conséquences importantes. Le TNF-α.est une substance importante qui se libère au cours de la réponse inflammatoire. Hotamisligil et al ont démontré que le TNF-α bloque des récepteurs d’insuline et conduit à une résistance à l’insuline à long terme. Pour un athlète, cela signifie qu’il ne peut pas pleinement utiliser l’énergie absorbée sous forme de sucre, car le sucre ne peut pas être transporté dans son intégralité dans la cellule musculaire.

Le résultat sera caractérisé par une baisse de performance ! Les complexes immuns alimentaires sont formés et se fixent par adhésion aux érythrocytes. Cette adhésion favorise ensuite la formation de rouleaux. Ce phénomène est caractérisé par une surface d’échange d’oxygène réduite et les érythrocytes ne sont plus en mesure d’oxygéner complètement les cellules musculaires

> Le résultat entraine également une baisse de performance! Ce phénomène sera accentué par un VO2max en baisse, des taux de lactate en hausse, l’anaérobiose plus rapide et la fréquence cardiaque plus élevée.

Une étude pilote (étude en double aveugle cross-over) a été réalisée en Suède avec des nageurs juniors olympiques. Après une période d’observation de 42 jours, cette étude démontre que les valeurs du lactate, le rythme cardiaque, le VO2max, et le taux de récupération ont été significativement améliorés lorsque les sujets avaient suivi une alimentation sans aliments entrainant la production d’IgG spécifiques. En outre, la proportion muscle/graisse s’était améliorée. La comparaison a été faite avec des individus suivant une alimentation qui contenait des aliments inducteurs d’IgG spécifiques. Lors de la modification de l’alimentation, pour les individus ayant retiré puis réintroduit les aliments inducteurs d’IgG, l’amélioration de performance a disparu. Tout aussi frappant : les résultats ont été fortement dépendants de l’assiduité avec laquelle les participants se sont tenus au plan d’alimentation. Les participants respectant strictement les recommandations ont observé un bénéfice plus important par rapport à ceux qui avaient fait des écarts.

En vieillissant, les athlètes et les non-athlètes souffrent souvent de douleurs articulaires voire de polyarthrite rhumatoïde. Le traitement classique consiste en l’administration d’anti-inflammatoires. Mais la question se pose: d’où vient cette inflammation? L’une des raisons est peut-être la même que le phénomène observé chez ces athlètes. Notamment expliqué chez eux par un intestin hyper perméable et une réponse immunitaire à la consommation régulière des aliments, la prédisposition génétique, des blessures, des infections et l’obésité sont aussi des facteurs favorisants. Les complexes immuns circulants formés peuvent adhérer aux tissus. Ils sont détruits localement par les cellules immunitaires (phagocytes). Ils attaquent toujours une partie du tissu environnant. Après un certain temps, cette destruction est symptomatique. Dans une étude d’observation menée entre 2002 et 2008, une amélioration significative des symptômes a été constatée lorsque les sujets suivaient une alimentation sans aliment à réaction élevée. Chez de nombreux sujets, les symptômes ont disparu complètement.

 

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PhD en biochimie, spécialisé en microbiologie et en chimie alimentaire, expert dans le domaine des allergies et intolérances alimentaires. Membre fondateur de l’Académie de la Santé Environnementale du Luxembourg.




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