Comment assurer une cicatrisation avec A-ARP et kinésithérapie ?

Marc Michnowski, masseur-kinésithérapeute

Un grand nombres de patients souffrent de tendinopathies dites chroniques et ont épuisé l’arsenal thérapeutique médical classique : AINS, mésothérapie, kinésithérapie, Ondes de choc et injections locales de corticoïdes.

Les localisations tendineuses rebelles aux traitements sont souvent les mêmes : celles proches des enthèses (épicondyle latérale et médiale du coude, tendon patellaire proximal, tendon achilléen, insertion ischiatiques des ischio jambiers …). Les progrès en imagerie et la compétence des radiologues ont apportés des éléments qui nous permettent de mieux comprendre la persistance de ces phénomènes douloureux. Souvent, le diagnostique structurel précis de la lésion n’est pas établit en première intention, alors les désinsertions partielles et les fissurations tendineuses longitudinales sont prises en charge comme de vulgaires inflammations qu’il faut éteindre.

Les traitements administrés dans ce sens bloquent la cascade cicatricielle naturelle et les tissus ne cicatrisent pas ou mal, cela conduit aux tableaux cliniques chroniques. Proche des insertions, l’apport sanguin du tendon est assuré par de petites artérioles faibles en nombre, issues de l’os ; alors qu’elles sont plus nombreuses en provenance des jonctions myo-tendineuses. Lors de lésion d’insertion, la cascade cicatricielle naturelle de l’organisme ne parvient pas ou pas assez à combler le gap tissulaire et laisse ces zones fragiles et douloureuses.

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Il existe aujourd’hui une alternative thérapeutique qui mérite certainement d’être utilisée pour des lésions raisonnables : l’A-PRP, plasma riche en plaquette autologue. L’utilisation du A-PRP est une solution prometteuse. Elle permet d’accélérer et d’optimiser la cicatrisation dans le but de limiter ces échecs ou, le cas échéant, elle peut relancer une cascade cicatricielle stoppée. L’A-PRP agit de façon naturelle, sans effets secondaires et sans risque important pour le patient.

Initiée il y a environs 20 ans pour les blessures cutanées, son utilisation s’est aujourd’hui répandue et élargie. Elle cible la réparation des différents tissus ostéo-articulaire de l’organisme et peut être couplée à l’acide hyaluronique dans certaines arthropathies.

Il suffit de prélever un échantillon sanguin chez le patient, de le centrifuger afin de séparer les différents éléments et d’en extraire les plaquettes, riches en facteurs de croissances. Le A-PRP ainsi obtenu est ensuite injecté précisément sous contrôle d’imagerie dans la lésion. Une à trois injections sont recommandées en fonctions des lésions.

La rééducation doit faire suite à ces injections pour stimuler et optimiser le processus.  

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Prise en charge kinésithérapique post-injection de A-PRP dans une lésion tendineuse :

J1 : injection de A-PRP et repos le plus strict de la région pendant 48h

J3 : Utilisation d’un Stimulateur Electromagnétique de la microcirculation (ESTMC) afin d’ouvrir le maximum de vaisseaux sanguin in situ et d’augmenter la vascularisation.

J5 : Début de stimulation mécanique par contractions lentes et étirements actifs infra douloureux + ESTMC sur l’ensemble du complexe musculo-tendineux.

ESTMC + programme de renforcement musculaire progressif dit d’adaptation anatomique visant la trophicité musculaire et tendineuse pendant 6 semaines. Après 6 semaines début du véritable renforcement musculaire.
La reprise d’activité se fera après un examen médical clinique et radiologique.

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Marc Michnowski,
Kinésithérapeute du sport




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